Patrice GRIHAULT-FRANCISQUE,

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La vertu est une notion à l'intersection des ensembles de la philosophie, de la religion et du politique, qui est encapsulée à notre époque par le politiquement correct, et était définie autrefois comme l'humain vertueux, c'est-à-dire celui qui tire parti des circonstances pour agir avec toujours le plus de noblesse possible et qui a un "bon pli" moral.
En plot classique, reprise par le judaïsme hellénisé et le christianisme, on distingue parmi toutes les vertus quatre vertus cardinales (du latin "cardo", pivot) : la prudence, la tempérance, la force et la justice.
On parle en outre de trois "vertus théologales" (foi, espérance, charité) dans le christianisme.
On parle par ailleurs de trois "vertus maçonniques", à savoir la tolérance, la bienfaisance et la solidarité ; ou encore des trois "vertus principales du scout", à savoir la franchise, le dévouement et la pureté.
Dans sa Somme Théologique, Saint-Thomas-D'Aquin rappelle que la justice est la seule vertu qui implique autrui, toutes les autres pouvant se pratiquer seul.
Dans La pensée chinoise de Marcel Granet, la vertu a une signification et une valeur différentes de celles attribuées par la pensée occidentale.


Les vertus morales sont des puissances qui habilitent à agir bien dans une sphère d'activité donnée.

Ainsi:

Le courage habilite à tenir bon dans la poursuite d'un bien ardu.

La prudence indique la conduite raisonnée.
La tempérance habilite à user de la mesure qui convient dans la jouissance des biens délectables.
La justice, enfin, habilite à rendre à chacun son dû.


Chacune des quatre vertus morales que nous venons de nommer trouve son siège dans la sensibilité de l'homme.
Le courage règle la sensibilité combative.
La tempérance règle la sensibilité jouissive.
La justice règle la sensibilité rationnelle.
La prudence règle la sensibilité téméraire.

Les vertus intellectuelles sont des puissances qui habilitent à atteindre le vrai dans une sphère donnée. Aussi trouvent-elles leur siège dans la raison. On dénombre habituellement 5 vertus intellectuelles: intelligence, science et sagesse d'une part, et art et prudence d'autre part. Les premières sont spéculatives, alors que les deux autres sont pratiques.
Spéculatives :
L'intelligence est ce par quoi nous saisissons les notions et les principes. Par exemple, ce qu'est un nombre pair.
La science est l'habitus par lequel nous saisissons la vérité d'une conclusion à travers celle de ses principes. Par exemple, que six est un nombre pair, puisqu'un nombre pair est divisible en deux nombres entiers égaux, et que le nombre six répond à cette exigence.
La sagesse, faite d'intelligence et de science, permet de connaître les notions et les conclusions les plus dignes et les plus difficiles. Par exemple, que le nombre exprimant la longueur du côté d'un carré dont l'aire est égale à deux n'est ni pair ni impair.
Pratiques :
L'art est un savoir-faire dans l'ordre des choses fabriquées. Elle vise la réalisation d'un bien extérieur à l'homme.
La prudence est un savoir-faire dans l'ordre de l'exercice de la liberté et de l'agir. Elle vise à édifier l'homme lui-même.
La première lettre de chacune des 5 vertus intellectuelles peut servir à forger le mot latin sapis, qui vaut pour sagesse. Ce qui se présente comme suit :
S = Science;
A = Art;
P = Prudence;
I = Intelligence;
S = Sagesse.