Publié le 15 janvier - Le maire de Palavas (URP) croit dur comme fer en ses chances de battre le sénateur-maire de Béziers… puis Frêche
Comment êtes-vous entré dans la campagne ? Fort bien, même si je n’avais pas tout à fait prévu d’y entrer de la sorte. J’avais un engagement de Couderc : il me demandait de l’aider pour les sénatoriales - ce que j’avais volontiers accepté -, alors que lui s’engageait à me soutenir pour les régionales. J’ai été très déçu par son subit revirement. Il ne s’explique pas, sinon par sa volonté personnelle de vouloir tout accaparer, tout régenter. Dites-moi comment un homme qui est déjà maire de Béziers – où il reste somme toute un énorme travail à accomplir -, président de l’agglo Béziers-Méditerranée et sénateur peut-il, en prime,
prétendre être le nouveau président de la Région ? A savoir cela, Couderc aurait mieux fait de renoncer aux sénatoriales.
Sauf qu’à entendre Couderc, c’est l’Élysée en personne qui lui a demandé d’être candidat. Vous apparaissez désormais comme le diviseur de l’UMP ? Qui peut croire que Sarkozy se soit mêlé des régionales ! Je ne suis pas un dissident de l’UMP, c’est Couderc qui a triché. D’abord en ne tenant pas ses engagements, ensuite en manipulant les résultats du vote interne à l’UMP. Il y a eu des magouilles partout et j’en ferai la démonstration le mardi 26 janvier prochain, devant le tribunal d’instance à Paris.
En se rajoutant 1 560 voix, Couderc m’a enlevé ma victoire, avec la bénédiction de Paris qui pensait que je n’irai pas jusqu’au bout. Pour meilleure preuve : Xavier Bertrand, en personne, a recommandé à un militant de la troisième circonscription UMP de l’Aude, Gérard Jean, de renoncer au témoignage dans lequel il atteste que j’ai obtenu 302 voix sur Limoux… alors qu’on ne me crédite que de 91 suffrages pour tout le département de l’Aude.
En contrepartie, on a proposé à Gérard Jean, qui n’a pas marché dans la combine, une place éligible pour les européennes ou les régionales. Cherchez l’erreur.
Pourqui ne pas avoir renoncé ? D’abord parce que les propositions de Couderc pour le rallier n’étaient pas acceptables. Ensuite parce que j’ai perçu que la majorité de l’UMP était à mes côtés et que j’avais la capacité de monter une liste. Bien d’autres partis me suivent, convaincus que mon engagement n’est pas une lubie, une aventure sans lendemain. Quand je m’engage, je vais jusqu’au bout. Je suis le candidat du peuple de la région, pas de Paris et des partis.
Sur votre site de campagne, un sondage prétend que vous seriez en tête de la droite au premier tour. Info ou intox ? Info. On crédite ma liste de 20 % environ, idem pour le sondage des Renseignements généraux. Je serai devant Couderc, c’est certain. Contrairement à lui, j’ai une image, une notoriété (NDLR : ancien député de l’Hérault, maire de Palavas depuis 21 ans) et je suis un homme volontaire, opiniâtre et travailleur.
J’ai eu vent que Frêche venait de réunir son staff de campagne pour lui faire part des inquiétudes que je lui inspire. Il sait que je suis le mieux placé pour gagner, puis restaurer paix et sérénité dans la région.
Pourtant Frêche ne semble s’intéresser qu’à Couderc ? Il a choisi Couderc comme adversaire parce qu’il sait qu’il ne lui fera aucun mal, alors que moi j’ai de fortes chances de le battre. Le candidat dangereux, c’est moi, Frêche le sait fort bien ! Couderc n’a pas de programme et n’est pas charismatique pour deux sous, il a toutes les peines du monde à faire passer ses messages.
Frêche ne vous fait donc pas franchement peur ? C’est un homme redoutablement intelligent qui a fait, jadis, beaucoup pour Montpellier mais qui n’est pas parvenu à faire décoller la région : 19 e sur 22 lorsqu’il est arrivé aux affaires, 22 e sur 22 lorsqu’il les quittera. C’est dire. Il est à présent à court d’idées, usé, fatigué. C’est un féodal qui n’a pas su maintenir son emprise. Ses amis l’ont abandonné, il n’aura pas de réserve de voix au second tour. Il est condamné pour avoir fait le combat de trop.
Les décisions de Frêche qui vous ont le plus indisposées durant le mandat accompli ? Je passerai sur son forcing sur la Septimanie ou les noms des lycées. Sa mesure la plus mauvaise : la prolifération de com et de propagande sur des thèmes sans intérêt. Il aurait dû mobiliser l’argent sur des actions économiques à valeur ajoutée en termes d’emplois.
Et celles que vous avez somme toute bien acceptées ? Je trouve qu’il n’a pas été mauvais dans le domaine des transports et des installations de pépinières d’entreprises. Maintenant, hélas, tout est léthargique.
Votre première disposition si vous êtes élu ? Elle sera l’illustration de ma volonté de relancer l’économie et créer des emplois : ré-empoissonner la Méditerranée, en utilisant les étangs du littoral pour l’alevinage, avec un millier d’emplois à la clé. Je souhaite promouvoir trois à quatre gros projets de la sorte dans chaque département. Sur le plan symbolique, j’affecterai un logement à une famille nécessiteuse. Avec l’emploi, le logement sera mon combat.
Propos recueillis par Gérard LAUDINAS