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| Quelques mots, quelques lignes en hommage au grand homme d'État que fut Philippe Seguin, les partager avec celles et ceux qui se reconnaissent dans son combat. Merci à leurs auteurs respectifs, ayant su faire ressortir sa personnalité d'homme libre. | |
| Il aimait la France et la République
 Beaucoup d’émotion ce jeudi matin. Philippe Séguin nous a quitté à 66 ans.Cette émotion, partagée par tous les gaullistes n’est pas un « hommage convenu » comme les médias nous en abreuvent depuis l’annonce de sa disparition. Pour ma part, j’espérais un retour en « politique » de cet homme franc, massif, qui imposait le respect. Avec d’autres, il aurait pu, une nouvelle fois, servir la France et la République, ses deux passions, comme tout gaulliste digne de ce nom. « L’Europe que l’on nous propose n’est ni juste, ni libre, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l’anti 1789 »
(Philippe Séguin, Assemblée nationale, 5 mai 1992)Son positionnement sur l’organisation européenne qu’il souhaitait, après son combat contre Maastricht, basée sur un modèle confédéral respectant la souveraineté des Nations, son refus de la mondialisation ultralibérale, sa sensibilité sociale étaient des éléments fédérateurs permettant d’espérer un regroupement réel de tous les gaullistes de conviction, c’est à dire des gaullistes acceptant l’héritage global de la politique du général de Gaulle, mais aussi déterminés à mener à son terme son œuvre inachevée, notamment la « participation ». « Il avait toutes les qualités pour briguer la responsabilité suprême », précise même Charles Pasqua. De partout, gauche, droite, centre et d’ailleurs, les réactions sont nombreuses : homme intransigeant, droiture, honnêteté, têtu, volontaire… J’en passe. Mais, quand Martine Aubry le qualifie de « vrai gaulliste », j’enrage. Bien entendu, P. Séguin était un gaulliste de conviction. Mais de quel droit Martine Aubry se permet-elle de délivrer ce « label » ? Elle qui a toujours combattu le gaullisme et ceux qui s’en réclament. Elle n’est pas qualifiée pour le faire. Elle ne manque pas de culot. Qu’elle s’occupe de sa boutique ! « S’il a servi de figure exemplaire, s’il a été une leçon vivante de ce que pouvait être le service de l’État, l’amour de son pays, l’amour de la République, alors tout ce qu’il a fait aura servi à quelque chose. »précise avec justesse Henri Guaino. Philippe Séguin va nous manquer. Mais soyons sereins et faisons notre la citation du Général : « Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera, tôt ou tard, source d’ardeurs nouvelles » Alain KERHERVE | | 
par Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président du rassemblement gaulliste Debout la République
La disparition brutale de Philippe Séguin me bouleverse. Je pense à l’homme, sa très grande sensibilité et sa générosité, masquée par une pudeur extrême. Je n’oublierai pas son regard plein de tendresse, ses rires éclatants, son intelligence, sa profonde culture historique et politique, son ironie mordante, mais aussi son pessi-misme, sans doute lié à son histoire personnelle. Il aimait la France passionnément, il croyait en l’Etat. Il vivait les idéaux républicains, ne souffrait aucun compromis ni aucune compromission. Il était décalé en vérité avec son époque, comme s’il était arrivé sur la scène politique trop tard ou trop tôt. Trop tard par rapport à la génération de la Résistance et de la Reconstruction, trop tôt face aux défis d’aujourd’hui et de demain, où une personnalité comme la sienne aurait été si nécessaire au redressement du pays. Il souffrait profondément, j’en suis sûr, de ce décalage entre ce qu’il pensait pouvoir apporter à la France et l’absence de marge de manœuvre politique suite à l’échec de Maastricht, l’abandon de l’esprit de la campagne de 1995 par Jacques Chirac et la trahison finale des valeurs du gaullisme au sein du RPR, qui lui en a fait claquer la porte de la présidence au printemps 1999. Aujourd’hui toute la classe politique se rend compte de cette perte mais n’était-il pas le miroir de la mauvaise conscience des uns et des autres, car si Philippe Séguin était reclus à la Cour des Comptes, c’est bien parce qu’une certaine idée de la Nation, de l’Etat et de la République est passée à la trappe à gauche comme à droite, et qu’il n’imaginait pas, intégrité oblige, faire semblant de jouer. Lui qui aimait tant le foot me disait souvent : « la vie politique d’aujour-d’hui, c’est comme un match de foot où les deux équipes jouent mais où le ballon a disparu, détenu par les autres puissances, celles de l’argent qui gouvernent en cachette. » Beaucoup de ceux qui se pressent aujourd’hui pour lui rendre hommage ressemblent à ces joueurs qui font semblant, qui font comme s’ils n’avaient pas entendu les accents prophétiques d’un certain « Discours pour la France », lequel reste pourtant, près de 18 ans après avoir été prononcé, la meilleure grille de lecture de leurs propres errements et de leur propre impuis-sance à vraiment redresser le pays. Philippe Séguin était un géant. Il nous manquera profondément mais les valeurs et les convictions qu’il a défendues avec intransigeance sont très modernes et le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre c’est de poursuivre le combat qui fut le sien. Avec la disparition de Philippe Séguin, après celle des grands gaullistes historiques comme Alain Peyrefitte et Pierre Messmer, la France perd l’un de ses plus grands défenseurs. Il avait l’étoffe d’un Président de la République mais, malheureusement pour la France, ce n’aura pas été son destin. N. Dupont-Aignan | |
| Biographie de Philippe SéguinQuelques dates 1986-1988. Le député et maire d’Epinal (Vosges) devient ministre des Affaires sociales dans le gouvernement Chirac 1992. Il fait campagne pour le « non » au traité de Maastricht. 1993-1997. Il devient président de l’Assemblée nationale. Il est l’un des inspirateurs du discours de Chirac sur la « fracture sociale » 1997-1999. Il prend la tête du RPR, mais il démissionne au bout de deux ans, à six semaines des élections européennes 2004. Il est nommé premier Président de la Cour des comptes 2007. Il devient Président du Comité des commissaires aux comptes de l’ONU. Connu dans le monde politique français pour avoir tenu les postes de ministre des Affaires sociales et de l’Emploi, de président de l’Assemblée Nationale française, de président du Rassemblement pour la République (RPR), et de premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin est né le 21 avril 1943 à Tunis. En 1956, lors de la proclamation de l’indépendance de la Tunisie, sa mère, Denise Séguin, institutrice, prend la décision de rentrer vivre en France et de s’installer à Draguignan. Il quitte alors le lycée Carnot de Tunis où il étudiait jusqu’alors et intègre le lycée Alphonse Daudet de Nîmes, où il passera son Baccalauréat, puis l’Ecole Normale d’instituteurs du Var. D’abord diplômé en Lettres, il est ensuite diplômé d’études supérieures d’Histoire et de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, dont il obtient le poste de président du conseil d’administration en 1967.Il intègre ensuite l’ENA jusqu’en 1978 et entre à la Cour des Comptes, au départ en tant qu’Auditeur de seconde classe, puis accède au statut d’Auditeur de première classe l’année suivante. S’ensuit le début de sa carrière politique, au sein du Rassemblement Pour la République (RPR) il commence par travailler dans les cabinets ministériels. Sous différents postes, Philippe Séguin côtoie Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, Raymond Barre. Séguin se présente aux élections législatives en 1978, il est élu député des Vosges jusqu’en 2002, vice-président du Conseil Régional de Lorraine de 1979 à 1983, puis élu Maire d’Epinal jusqu’en 1997. En 1981, il prononce un discours en faveur de l’abolition de la peine de mort à l’Assemblée Nationale, il est alors un des rares députés à soutenir cette réforme emblématique du Président François Mitterrand. En 1992, Philippe Séguin s’engage pour le « non » au traité de Maastricht. En 2002, il est nommé Chef de la délégation gouvernementale française au conseil d’administration du Bureau International du Travail (BIT), puis en devient son Président. Philippe Séguin est mort dans la nuit du 6 janvier 2010 au 7 janvier 2010 d’une crise cardiaque à Paris. | |
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