Patrice GRIHAULT-FRANCISQUE,

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6ème circonscription

 

 

 

GARD

Une sixième circonscription législative

A en croire les propositions d'Alain Marleix, secrétaire d'état aux Collectivités, le Gard disposera, dès les prochaines élections législatives, d'une sixième circonscription. Elle regroupera trois des six cantons de Nîmes, ainsi que les cantons d'Uzès et Marguerittes, soit un potentiel démographique de 110 000 habitants. William Dumas, seul député de gauche (PS) du Gard dénonce un tripatouillage électoral.  

- 1ère circonscription (135 000 habitants contre 130 000 version Marleix) que l'on prétend, de longue date, taillée sur mesure pour Yvan Lachaud (Nouveau centre) préservera les cantons de la Vistrenque, Nîmes I et Nîmes VI. Une incertitude demeurerait, toutefois, quant à savoir lequel des cantons de Nîmes III ou Nîmes V abondera la nouvelle circonscription législative. L'actuel parlementaire, Yvan Lachaud, préfèrerait qu'on le déleste de Nîmes III plutôt à gauche, alors que le canton Nîmes V, lui, est solidement acquis. Il est, en revanche, assuré que cette circonscription gagnera le canton de Beaucaire, ce qui ne sera vraisemblablement pas pour déplaire au maire Jacques Bourbousson, qui ne fait pas mystère de son désir de tenter sa chance pour les prochaines législatives sous pavillon UMP
(?) si son ami Borloo lui fait la courte échelle. D'aucuns verraient aussi, en ce coup de billard à trois bandes, une façon pour l'UMP de contester indirectement la suprématie d'Yvan Lachaud.
             
*Yvan Lachaud (Nouveau centre) « Ce découpage respecte l'essentiel de ma circonscription et il est conforme aux décisions nationales d'établir un équilibre entre les milieux urbains et ruraux et de faire en sorte qu'il n'y ait plus, en ville, une seule circonscription. Néanmoins, j'attends le découpage définitif, après l'avis de la commission constituée à cet effet, pour savoir quel sera le dernier canton rattaché à ma circonscription, c'est-à-dire soit Nîmes III, soit Nîmes V, encore en balance. Mais ce découpage, en conservant une grande partie de la ville de Nîmes et en s'étendant au sud, a du sens : il s'inscrit dans une géographie cohérente. Et moi qui suis un homme de terroir, avoir le canton de Beaucaire, terre de tradition, c'est important. Ce nouveau découpage assure une meilleure répartition démographique et géographique. Je suis satisfait. »



- 2ème circonscription d'Etienne Mourrut (162 000 habitants contre 102 000 nouvelle version) conserverait les cantons d'Aigues-Mortes, Saint-Gilles et Vauvert et gagnerait celui de Sommières - qui tend à glisser à droite - jusqu'alors dans la circonscription législative de William Dumas. En devenant plus compacte, plus cohérente culturellement - la bouvine tient lieu de ciment - avec des cantons rattachés par ce cordon ombilical qu'est le Vidourle, cette circonscription ne fait que remonter le temps : Sommières en faisait partie avant le découpage de Pasqua en 1986. Elle serait en revanche délestée des cantons Nîmes II, Marguerittes et Beaucaire.
 
* Etienne Mourrut (UMP) « J'ai été consulté comme les autres parlementaires, à plusieurs reprises par le préfet et le ministre et j'ai fait des propositions de découpage en fonction des réalités du terrain. C'est moi qui ait suggéré d'enlever de la 2 e circonscription Marguerittes, Beaucaire et Nîmes II. Je ne peux donc être que satisfait. En gagnant Sommières, cette circonscription sera mieux regroupée, plus compacte. Le cordon ombilical du Vidourle nous relie, tout comme la culture de la bouvine. Un léger inconvénient tout de même : avec l'arrivée de Sommières, il y aura beaucoup plus de communes sur cette circonscription. Je note enfin qu'avec le retour de ce canton de Sommières, on revient à ce qui existait avant le découpage de Charles Pasqua, en 1986. On revient à la logique. »


- 3ème circonscription du député Jean-Marc Roubaud, maire de Villeneuve-lez-Avignon (149 000 habitants contre 112 000 version Marleix), perdrait Pont-Saint-Esprit, qui tomberait dans la besace électorale de Max Roustan, et Uzès, intégrée à la circonscription supplémentaire. Les quatre cantons de Bagnols-sur-Cèze, Remoulins, Roquemaure et Villeneuve-lez-Avignon suffiraient largement à lui assurer son assise démographique.

* Jean-Marc Roubaud (UMP) « Je n'ai pas d'état d'âme. J'avais une circonscription parmi les plus importantes en démographie, on m'enlève donc deux cantons parmi les plus éloignés. L'arithmétique électorale impose des sacrifices, mais je suis toutefois un peu triste. Pont-Saint-Esprit et Uzès sont des territoires sur lesquels je me suis investi et auxquels je suis attaché. Sur le plan électoral, j'ai fait d'excellents scores partout, pour moi il n'y aura rien de changé".


- 4ème circonscription Si Patrick Malavieille avait quelque intention de contester le cavalier seul de Max Roustan, sur cette circonscription (112 000 habitants contre 110 000 nouvelle version), il devra s'armer de beaucoup de courage. En effet, la circonscription du député-maire d'Alès gagnerait Pont-Saint-Esprit (est-ce un avantage par les temps qui courent !), mais perdrait Bessèges, Génolhac et La Grand- Combe, fief d'une gauche qui se rabattra, dès lors, sur celui qui en a finalement le moins besoin, le socialiste William Dumas.

* Max Roustan (UMP) « Ce découpage ? Honnêtement, je n'ai pas de commentaire, ni de satisfecit ni de déception. J'aurais aimé qu'on ne me découpe pas ma ville en morceaux, mais bon... Ceux qui pensent gagner en découpant se sont plantés à chaque fois, l'histoire le prouve. L'acteur politique qui défend un projet de territoire passe avant les étiquettes de parti. Moi, j'ai déjà gagné trois fois, alors découpage ou pas... Ce qui est sûr, c'est que ça arrange le PS. Le fait de perdre La Grand-Combe, Bessèges et Génolhac, ça dégage son horizon par rapport au PC. Les socialistes ne devraient pas trop râler. La 5 e devient encore plus imprenable par la droite et, sur la 4 e , les élections vont nécessiter un bon petit combat. »
 


- 5ème circonscription du seul député de gauche (PS), William Dumas (123 000 habitants contre 117 000 nouvelle version) totaliserait 18 cantons... et la bagatelle de 140 communes à elle seule. Elle perdrait Sommières et gagnerait les trois cantons de gauche du bassin alésien où Patrick Malavieille aurait pu faire la différence : Génolhac, Bessèges et La Grand-Combe. Si William Dumas, qui s'est déjà élevé contre ce « tripatouillage », n'a rien à gagner, Patrick Malavieille, lui, aurait déjà tout perdu.

* William Dumas (PS) « C'est un tripatouillage que nous allons dénoncer au niveau du PS. On me réduit ma circonscription à 117 000 habitants, alors qu'on en laisse 130 000 à Lachaud, c'est dégueulasse, il faut qu'on m'explique ! Ils prévoient de m'enlever dix-huit communes pour m'en ajouter vingt-deux, ma circonscription fera presque la moitié du département, je vous laisse imaginer au niveau des déplacements. Ils n'ont qu'à laisser le canton de Bessèges à Max Roustan et me conserver le canton de Sommières, même si, aux dernières législatives, la droite y était en tête de 800 voix ».


- 6ème circonscription Cette toute nouvelle circonscription (110 000 habitants) que l'on dit promise au premier adjoint du sénateur-maire de Nîmes, l'UMP Franck Proust, intègrerait trois cantons de Nîmes : les II e , IV e et V e , sachant que le député Nouveau centre, Yvan Lachaud, a émis des réserves sur ce dernier canton, classé à droite, qu'il ne paraît pas disposé à lâcher. Et moins encore pour faire les affaires de Franck Proust ! Lui préférant le III e canton, il ne se laissera vraisemblablement pas manger la laine sur le dos. La nouvelle circonscription sera également composée des cantons de Marguerittes et Uzès.

Gérard LAUDINAS et Arnauld PASQUIER

Certaines personnes encore dans l'ombre ont la valeur et l'envergure d'un représentant du peuple au sein de l'hémicycle parlementaire, un mandat n'est pas un dû.
La 6ème circonscription est nouvelle, il faudra peut-être un nouvel acteur sur la scène politique gardoise.

 

UN DEPUTE POUR QUOI FAIRE ?

 

Les 577 Députés élus pour cinq ans, sont avant tout des élus de la Nation : ils prennent position non pas seulement pour leur circonscription mais pour l'ensemble de leurs concitoyens.
L'activité du Député se répartit entre l'Assemblée Nationale et sa circonscription.


LE DEPUTE ELU DE LA NATION

 

À L'ASSEMBLÉE : le travail se déroule au sein de l'hémicycle (lors des séances publiques, les plus connues étant les séances de questions au Gouvernement retransmises à la télévision le mercredi après-midi) et au sein de commissions, de délégations et offices parlementaires.

En séance, le Député discute la loi, propose des amendements, interpelle le Gouvernement.
Voter des lois et contrôler le gouvernement central. Il présente des propositions de loi, ou examine les projets de loi issus du gouvernement central. Les réunions se déroulent du mois d’octobre au mois de juin de l’année suivante. Environ 120 séances ont lieu pendant 9 mois.


Il est membre de l’une des six commissions permanentes, il étudie les textes de loi au programme de l'assemblée (entretiens avec les Ministres, les associations, l'ensemble des entités concernées par le texte, échanges de point de vue entre élus, préparation d'amendements etc.)
Au sein de cette commission, le député examine et amende les projets et propositions de lois qui seront discutées en séance publique.

 

Ses prises de positions au Parlement, ses questions au Gouvernement et son travail de préparation des lois sont guidés par les besoins de ses concitoyens.

 

Etre député c’est s’intéresser non seulement à sa circonscription, mais aussi à tout le Territoire de la République française.

 

Le Député travaille également de manière plus indépendante au sein du bureau qui lui est alloué à l'Assemblée : préparation de questions orales ou écrites au Gouvernement traitant de problèmes de sa circonscription ou de problèmes nationaux, préparation de ses interventions en séance, élaboration d'amendements, de propositions de loi, réception d'administrés, de chefs d'entreprise, de présidents d'association, de journalistes, etc. souhaitant l'interroger ou l'interpeller sur telle ou telle situation, chaque député est entouré d’une équipe de deux à trois personnes et dispose d’un Bureau à l’Assemblée nationale.

 

Le député peut travailler en toute indépendance grâce à un revenu appelé « indemnité parlementaire », il dispose de sa liberté d'opinion, et ne peut pas être traduit devant les tribunaux pour les opinions ou pour les votes qu’il émet dans l’exercice de ses fonctions.

 

Ce travail parlementaire est complété par l'immersion sur le terrain.

 

UN DEPUTE REPRESENTANT DU PEUPLE


Le député dans sa circonscription

 

Elu du peuple, chaque député a un rôle local. Il doit impérativement veiller à garder continuellement un contact très étroit avec les réalités du terrain, cerner les difficultés rencontrées par les habitants de sa circonscription et recueillir leurs opinions sur les différents sujets de l’actualité, le Député dispose d'une permanence en circonscription qui permet à ses administrés de venir à sa rencontre.

 

Le député participe également à de nombreuses manifestations au sein de sa circonscription : il va ainsi régulièrement au devant de ses concitoyens, des élus et des préoccupations de ces derniers, il se doit de rencontrer régulièrement les services de l’Etat, les élus, des milieux socioprofessionnels et les partenaires associatifs pour faire remonter les informations, ce sont plusieurs centaines de dossiers d'administrés, d'entreprises ou autres infrastructures (problèmes sociaux, difficultés rencontrées avec l'administration etc.) que traite annuellement le Député

 

En commission et en séance publique, à l’Assemblée Nationale, chaque député se fait l’écho de l’opinion de ses concitoyens et de leurs préoccupations, cette écoute du terrain est l'une des clefs de voûte du travail parlementaire : le Député s'en nourrit afin de faire évoluer, au mieux, les projets de loi en fonction des besoins de ses concitoyens.

 

En qualité de représentant de la nation auprès de tous, le député participe aux manifestations officielles de sa circonscription, il participe au développement de sa circonscription en liaison avec les autres élus : 

 

Le Député est ainsi un relais essentiel entre la Nation et l'Etat.