Chapitre IV
Où il est démontré que ce qui devrait être prouvé au préalable : le racisme épouvantable des Français "de souche", et qui ne l'a jamais été, sert toujours de preuve contre eux.
Le lendemain.
C’est moi, qui de nouveau entame la discussion :
- Tout ce que je t’ai expliqué puis précisé sur l’esclavage et le colonialisme, se résumerait en dernier ressort, selon les liquidateurs de la France, au racisme des Français de souche. Il serait la cause première de tous les maux. Je t’ai déjà dit ce qu’il fallait en penser mais il convient, là aussi, d’apporter des précisions supplémentaires. Je t’ai expliqué que la seule définition valable du racisme était l’affirmation de l’inégalité des races. Mais tant que l’on en reste à cette affirmation exprimée sans appels explicites à la violence, il ne s’agit que d’une opinion, raciste, certes, mais sans danger tant qu’on peut la combattre par l’affirmation inverse. En revanche ce qui est grave c’est lorsque l’on agit en conséquence, lorsque l’on passe à l’acte, à savoir lorsque l’on cherche à nuire à des personnes qui ne vous ont strictement rien fait, uniquement parce qu’on les juge appartenant à une race ou à une culture inférieure. Qui, d'après toi, est le plus gravement raciste : celui qui marmonne "sale race" à ceux qu'il surprend pour la énième foi à vandaliser sa boîte aux lettres ou celle du voisin, à crever les pneus de sa bagnole ou de celle du voisin quand ils ne tentent pas d'y mettre le feu, ou ceux qui commettent ces actes pour la seule raison d'en faire baver à un de souche qui ne leur a strictement rien fait, le plus souvent aussi pauvre qu'eux sinon plus ?
- Ceux qui commettent ces actes, pardi !
- Pourtant dès le regroupement familial, nombre de jeunes d'origine africaine ont adopté ce comportement à notre encontre, à nous, les Franco-français qui vivions avec eux en première ligne. Toi même l'a remarqué dans ton collège : ils ne s'en prennent jamais, ou presque, à leurs congénères. Et années après années ils ont fait pire. Or quand les Français de souche ou assimilés ont essayé non pas de rendre coup pour coup, mais seulement de se plaindre, c’est eux que l’on a stigmatisés ! Plus ils se faisaient quasiment «pogromiser», plus on les traitait de racistes, plus on les soupçonnait de vouloir saboter le "vivrensemble" ! Se plaindre des Arabes s’expliquait non par les nuisances qu'ils faisaient endurer à la population d'accueil, mais par le racisme de cette population. Autrement dit, et là accroche-toi et concentre-toi bien sur ce que je vais te dire : C’est ce qu'il faudrait prouver concrètement : le racisme épouvantable des Français, et qui ne l'a jamais été, qui sert toujours... de preuve contre eux !
Tu as froncé les sourcils et répété lentement :
- C’est... ce qu'il faudrait prouver euh... concrètement : le racisme... épouvantable des Français, et qui... ne l'a jamais été, qui sert... toujours de preuve contre eux ! Ouais, j’y suis ! C'est comme si, dans les années trente, on avait traité les juifs de racistes pour s’être plaints des persécutions allemandes. Tu me l’as déjà fait remarquer.
- Félicitations ! Tu a compris le principe de nos liquidateurs : faire marcher la réalité sur la tête. Tiens ! Est-ce que tu te souviens de la formule que je t'avais fait répéter l'autre jour, sur la xénophobie considérée comme légitime ou pas selon qu'elle est de notre fait ou de peuples africains ?
Tu te concentre à nouveau puis énonce :
- la xénophobie des peuples d'Afrique est considérée comme légitime, au point de justifier leurs pires atrocités, par ceux-là mêmes qui la condamnent sévèrement pour un simple mot de travers quand elle viendrait de nous, les Français de souche.
- Bravo pour ta mémoire ! Il faudrait se réciter ces deux formules régulièrement comme des mantras. Elles résument presque tout le politiquement correct utilisé contre nous.
Tu n'écoutes pas.
Tu suis ton idée :
- C'est aussi, comme si on avait traité de racistes les Indiens pour s’être plaints des Européens qui leur piquaient leurs terres et tuaient leurs bisons.
- En effet. Et puisque les Français étaient racistes par définition, en quelque sorte CONGENITALEMENT, les Africains ne pouvaient être que leurs boucs émissaires. La boucle infernale était ainsi bouclée et les Français enfermés dans une logique kafkaïenne, condamnés, quoi que fassent les jeunes d’origine africaine à être coupables. Autrement dit : si les juifs ont été persécutés par principe pour ce qu’ils étaient et non pour ce qu’ils faisaient, à l’inverse mais dans la même logique les Africains sont excusés par principe pour ce qu’ils sont, quoi qu’ils fassent ou ne fassent pas.
- Si j’étais à leur place, j’en ferais peut-être autant.
- Qui, en effet, à la place de ces derniers, ne serait pas tenté de profiter d’une situation aussi enviable, surtout dans les cités où le rapport de forces en leur faveur est déjà par lui-même une incitation à en abuser ? Ce qu’ils ont fait et continuent plus que jamais à faire, du moins une partie non négligeable d’entre eux, au-delà de toute mesure. Quelles enquêtes sérieuses ont été diligentées pour vérifier si les Français étaient racistes ou pas ? Quels journalistes sont allés vivre, au moins un an, incognito, avec femme et enfants scolarisés dans une cité à forte concentration d’immigrés ? Aucun. Pourtant même dans le cas de soucoupes volantes, ils font, ainsi que les gendarmes, des enquêtes serrées pour recueillir les différents témoignages, les recouper et vérifier soigneusement leur crédibilité.
- Même pour les maisons hantées et les esprits frappeurs.
- Tu vois bien ! Et dans un cas aussi grave que le racisme, rien. De plus, il y a un principe juridique bien établi : quand des témoignages de témoins nombreux et variés qui ne se sont jamais concertés vont tous dans le même sens, ils valent preuves. Pourquoi ce principe n’est il pas appliqué aux milliers de « de souche » qui tous se plaignent de la même façon de certaines nuisances venant toujours de personnes issues de l’immigration afro-musulmane, alors que les Africains, eux, sont toujours crus sur parole ? Tu vois : toujours ce même deux poids, deux mesures.
- On dit qu'il n'y a pas plus de délinquance qu'avant et qu'elle n'est pas liée à l'immigration, que c'est un fantasme raciste.
- Ah, bon ? Fantasme raciste les 70 à 90 pour cent de prisonniers d'origine africaine dans les prisons, alors même que la justice se montre indulgente à leur égard, que les victimes renoncent de plus en plus à porter plainte de peur des représailles, que la plupart des mineurs délinquants échappent à l'incarcération et qu'une très grande partie des peines ne sont pas appliquées ?
- Non, sans doute.
- Et puis explique moi : comment se fait-il que les sociologues en service commandé se torturent les méninges à ce point pour trouver des excuses plus ubuesques les unes que les autres aux comportements de cette jeunesse issue de l'immigration africaine si ces comportements ne sont que des fantasmes ? A quoi bon chercher des excuses à un phénomène qui n'existe pas ?
- Tiens, c'est vrai ça : je n'y avais pas pensé. C'est comme les Français "de souche" : ce sont ceux qui les haïssent qui disent qu'ils n'existent pas. Bon, mais Il y a tout de même eu des Arabes assassinés pour rien, uniquement parce qu’ils étaient arabes.
- Certainement pas plus que de Français assassinés par les Arabes, crimes qui ne sont jamais considérés comme racistes, eux, et qui ne font jamais la une des journaux. Il y a eu aussi, en France, des enfants assassinés par des pédophiles. Est-ce que pour autant on proclame que la France est un pays d’assassins pédophiles ?
- Non.
- Pourquoi, d’après toi ?
- Parce que ce n’est pas vrai.
- Voilà. Parce que ce n’est pas vrai. Pas plus vrai que d’accuser la France de racisme pour quelques assassinats d’Arabes dont, pardessus le marché la majorité a été commise en Corse par des gens qui ne se reconnaissaient même pas français.
- Oui mais traiter quelqu’un de « sale arabe » c’est bien une injure raciste !
- Sans aucun doute. Pas plus que « sale français ». D’ailleurs ça m’étonnerait qu’il y ait beaucoup de gens qui aient ce culot vu ce qu’ils risqueraient. Quoi qu’il en soit, c’est sans importance à partir du moment où l’on peut y répondre, et les Arabes ne s’en priveraient pas que je sache ! Ce qui de mon temps aurait relevé d’altercations pagnolesques est aujourd’hui vu comme un drame par les pisse-froid, les figures de carême de l’antiracisme haineux.
- Poil au… non, rien.
Tu as rougi.
Je choisis de faire celle qui n’a pas deviné la chute grivoise que tu as retenu de justesse.
- Tu as vu la trilogie de Pagnol ?
- Oui.
- Tu as aimé ?
- Ouais, pas mal.
- On dit « oui » pas ouais. Bon. Tu te rappelles, donc, que les Marseillais mettent sans arrêt en boite monsieur Brun parce qu’il est lyonnais jusqu’au moment où ce dernier les bat à leur propre jeu sans qu’ils aient rien vu venir.
- Poil à… frire.
Je ris. J'apprécie que faute d’avoir trouver la rime exacte tu t’en sois tirée brillamment par le décalage et le jeu de mots.
- Bien. Je vois que tu te souviens de la scène. C’est en tous cas la preuve qu’à l’époque on désamorçait ce genre de conflits par le rire. Aujourd’hui, au contraire, les liquidateurs de la France jettent exprès de l’huile sur le feu et monsieur Brun consulterait la Halde ou ferait un procès à Marius. Tiens ! Prends le cas de ces facétieux qui ont posé trois tranches de saucisson sur le bureau d’un professeur musulman. Dans la France française, telle que deux siècles et demi de liberté d’esprit l’avait façonnée, cette farce de potache n’eût provoqué qu’un rire « hénaurme », qu’une « poilade » pagnolesque. Or aujourd’hui, nos joyeux drilles sont menacés d’être traduits en justice pour racisme ! La France républicaine, truculente, gouailleuse d’hier se transforme à vue d’oeil en pays de tartuffes et de bigots. Pire : aujourd'hui la seule accusation de racisme vaut preuve et tu ne peux pas t'en défendre. Tu vas voir : au train où vont les choses, dans ce monde à la Big Brother, on va finir par trouver louche les attitudes les plus irréprochables. Vous n'avez jamais prononcé une parole raciste, ni une blague, ni la moindre allusion de ce genre, Bizarre, bizarre ! Trop parfait : ne chercheriez-vous pas à donner le change ! Ah mais ma petite dame avec nous ça ne prend pas ! Il nous en faut plus que ça pour vous blanchir !
- A t'entendre une véritable police de la pensée se met en place.
- Mais, ma chère petite, c'est exactement ce qui se passe, en particulier avec cette sinistre officine qui a pour nom « la Halde ». Et puis, pour en revenir au vif du sujet, tout dépend des circonstances. Tu sais comme ta mère est polie et bien élevée, presque jusqu’à la préciosité.
- Oh, que oui ! Soupires-tu d'un air résigné !
- Eh bien tu te souviens du jour où elle avait invité des collègues de ton père devant lesquels elle voulait absolument faire bonne impression et qu’elle a brûlé le gigot ?
- Ah, oui ! Parfaitement !
- Alors tu dois te souvenir de ce que on lui a entendu s’exclamer ?
- Et comment ! : « Merde, merde, et merde ! »
Tu glousses d'aise à ce souvenir.
- C’était si inhabituel de sa part qu’on a tout de suite deviné ce qui s’était passé. Est-ce que ça signifie que ta mère est quelqu’un de grossier et de mal élevé.
- Oh, non. Pas du tout !
- Et qui n’a entendu de ces mères méditerranéennes, et même les autres, exaspérées par leur progéniture, ou simplement pour plaisanter, lancer, les yeux hors de la tête, à un de leurs enfants : recommence et je te tue ! Doit-on les dénoncer comme coupables de menaces meurtrières sur leur enfant ? Doit-on les accuser d'intentions infanticides au motif imbécile qu' "il n'y a pas de fumée sans feu" ?
- Bien sûr que non !
- Eh bien c’est pareil avec nombre d'injures décrétées racistes. C’est ce que je voulais dire par tout dépend des circonstances. Quand tu es dans le bain, à chaud, les nerfs à vif, tu ne peux pas réagir comme ceux qui ne le sont pas. Le prolo qui chaque semaine trouve sa boîte aux lettres déglinguée, l’ascenseur en panne, ses escaliers compissés, sa voiture rayée ou les pneus crevés, quand elle n’est pas brûlée, qui se fait agonir d’injures, est dans le bain 24 heures sur 24, lui. D’une certaine façon, c’est toujours à chaud qu’il réagit, parce qu’il n’a pas le temps de « refroidir » entre deux nuisances. Comment pourrait-il prendre du recul, faire la part des choses, quand il voit que c’est toujours la même population qui lui nuit ? D’autant qu’il n’a pas passé sa jeunesse à glander sur les bancs de la fac de sociologie à baratiner comme un âne savant sur « Nature et culture ». Il n’a pour tout bagage culturel que quelque CAP. Sa fac à lui c’est le réel dans lequel il baigne quotidiennement. Pour autant ça ne veut pas dire du tout qu’il est foncièrement raciste. En réalité, il essaie, la plupart du temps, de la faire, la part des choses, que c'en est même pathétique ! Bien plus que ne la feraient à sa place, ceux qui lui donnent des leçons. Et puis, franchement, quand tu regardes tes « copains » arabes, ces malabars mi hargneux, mi rigolards, pétant de santé, sapés dernier cri, rouler les mécaniques et jouer les marioles, tu trouves vraiment qu’ils ont l’air de souffrir dans notre pays ?
- Oh, non, alors ! Je ne trouve pas !
- Gémir sur leur sort me paraît une insulte à la véritable détresse humaine. D’ailleurs comment expliques–tu que tant de centaines de milliers d’Africains risquent toutes leurs économies et leur vie pour venir dans un pays aussi raciste et où ils sont si malheureux ?
Tu commences à avoir l’air vraiment convaincue :
- C’est vrai.
- Ou alors pourquoi ne repartent-ils pas dans leurs pays d’origine ? Je n’en connais pas un seul qui désire quitter la France. Tu veux que je te dise : A les voir, n’importe qui de sensé ayant échappé au lavage de cerveau des liquidateurs de notre pays se dit : si ce sont là des victimes alors vive les bourreaux ! A demain ?
- OK… poil aux mains !
Contente de toi, tu t’éclipses sur un éclat de rire...