Patrice GRIHAULT-FRANCISQUE,

Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité, Justice...Citoyen relève la tête, ouvre les yeux!

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1ère partie - Chapitre 1
1ère partie - Chapitre 2
1ère partie - Chapitre 3
1ère partie - Chapitre 4
1ère partie - Chapitre 5
1ère partie - Chapitre 6
1ère partie - Chapitre 7
1ère partie - Chapitre 8
1ère partie - Chapitre 9
2ème partie - Chapitre 1
2ème partie - Chapitre 2
2ème partie - Chapitre 3
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2ème partie - Chapitre 5
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2ème partie - Chapitre 7
2ème partie - Chapitre 8
2ème partie - Chapitre 9
2ème partie - Chapitre 10
2ème partie - Chapitre 11
Conclusion
Deuxième partie

Chapitre I

Où il est démontré que les plus esclavagistes ne sont pas forcément ceux que l'on croit, qu'il y a xénophobie et xénophobie, et colonisation et colonisation.


Quelques jours plus tard.
- Je t’ai dit que je n’en n’avais pas fini avec le « comment », la façon dont l’«« élite »» (avec doubles guillemets) au pouvoir s’y prend pour nous faire avaler la pilule, nous faire prendre les vessies de la destruction de notre nation pour les lanternes d’un grisant melting-pot. Je t’ai montré la falsification de l’histoire à laquelle ils procèdent, mais il y a une autre falsification dont il faut parler : celle du vocabulaire. Ceux qui liquident le France profitent d’avoir, entre autres pouvoirs, le ministère de la parole, non seulement pour la confisquer aux autres, mais pour tricher sur les mots. Ils battent monnaie sémantique comme jadis les rois battaient monnaie métallique. Quand les finances étaient à sec, ces derniers s’arrogeaient le droit de diminuer la quantité d’or ou d’argent par pièce de monnaie, sans changer le nom des pièces truquées. Ainsi font nos liquidateurs. Ils truquent les mots à leur convenance. Un jour ils décident de nommer «incivilités » ce qui relève de la délinquance ; révoltes sociales, ce qui relève de pogroms anti blancs et "discrimination positive" une politique raciste du passe-droits ; un autre jour ils chargent le mot racisme de réalités qui n’ont rien à voir avec le racisme : instinct de conservation, défense de l’identité nationale, amour de son pays ; un autre jour encore ils interdisent d’utiliser le mot « invasion » pour caractériser la submersion de notre pays par des populations  africaines. Depuis peu on les sent partagés entre l’interdiction du terme « invasion » pour désigner celle que l’on subit ou l’accepter en lui affectant un coefficient positif sous prétexte que nous avons connu des invasions dans notre lointain passé et que
les envahisseurs d’alors auraient participé à la formation de l’identité française.

- Et Comme les pétainistes traitaient de "terroristes" les résistants aux Allemands, aujourd'hui nos liquidateurs traitent de "racistes" les résistants à l'invasion africain ?

- Très juste ! Résistants tout pacifiques, note bien. Tu as trouvé ça toute seule ?

- Oui.

- Bravo !

- Et aussi, comme tu l'as expliqué : "intégristes" pour des chrétiens qui ne le sont pas puisqu'ils font le contraire des Évangiles ?

- Félicitations : tu progresses à pas de géants. Note que les collabos d’hier appelaient « terroristes » les vrais résistants qui ne tuaient jamais, eux, de civils mais uniquement les soldats d’une armée d’occupation, alors que les collabos d’aujourd’hui appellent « résistants » les vrais terroristes qui ne savent que perpétrer des boucheries de femmes et d’enfants. Tu sais, maintenant, j’espère, ce qu’il faut penser de tout ça. L’idée directrice est, tu l’as sans doute compris, que les Africains auraient été lésés moralement et économiquement par la France et que par conséquent nous aurions une dette à leur égard. La culpabilisation des Franco-français est fondée sur ce rappel incessant de l’esclavage des Africains et de la colonisation de l’Afrique, ainsi que sur celui de leur prétendu racisme. Je t’ai déjà dit et redit ce qu’il fallait en penser mais le sujet mérite des développements supplémentaires. Commençons par en finir une bonne fois avec l’esclavage des noirs : l’Occident, là où il dominait, l’a aboli, alors qu’il persiste dans certains pays musulmans. Point final. D’autre part si les Antillais sont bien des descendants d’esclaves, les autres Africains, en revanche, risquent fort d’être des descendants… d’esclavagistes.

- Ah, bon ?

- Eh bien oui, puisque les descendants des millions de noirs vendus par leurs congénères aux Européens ou aux Arabes, se trouvent aux Antilles ou en Amérique, mais pas en Afrique ; les Africains d’Afrique ne sont donc pas des descendants d’esclaves. Et comme les noirs d’Afrique étaient nombreux à avoir des esclaves, il est assez probable que les Africains d’aujourd’hui soient des descendants d’esclavagistes. CQFD. Quant aux Antillais, ils viennent, donc, de ces pays d’esclavagistes africains qui vendaient leurs congénères aux négriers blancs sans le moindre remord, ni le plus petit commencement de début de repentance à ce jour. Enfin, les millions d’esclaves noirs dans les pays arabes…

- Oui, je sais, ils ont disparu par castration et mauvais traitements que les Arabes leur ont fait subir.

- Exactement. Je vois que tu as bien retenu ta leçon. Dernière remarque sur ce sujet : l’esclavage des noirs par les Européens a duré environ 150 ans. Nous, Français de souche, nous descendons presque tous de mille ans de servage et plus, lequel n’avait pas grand-chose à envier à l’esclavage. Pourtant avons-nous gémi, exigé des réparations, des repentances à n’en plus finir ? Que nenni. Nous avons retroussé nos manches et fait de la France un des pays les plus enviés au monde. Et puis l'esclavage, nous, occidentaux, l'avons supprimé.

- Oui, je sais ! Tu te répètes souvent, dis donc !

- C'est ça ! Traite moi tout de suite de vieille radoteuse !

- Meuh... non...

- Si, si ! D'accord : je radote ! Eh bien, plaise au ciel que toutes les grands-mères de ce pays radotent comme ça avec leurs petits enfants, la France serait peut-être sauvée !
Ai-je déclaré en me drapant dans ma dignité.
- Sache qu'il Il y a des vérités que l'on ne redira jamais assez. Voici donc la question de l’esclavage réglée. Passons à la colonisation. Alors là, tu vas essayer de mobiliser la culture du « Politiquement correct » que l’on te force à ingurgiter. Que t’as-t-on appris à ce sujet ?

- Que c’est une abomination de coloniser.

- Pourquoi ?

- Euh… ben… parce qu’on asservit des peuples ?

- Nous sommes d’accord : c’est très mal d’asservir un peuple. Mais est ce que ces peuples, débarrassés de nous, sont moins asservis pour autant ? Tu connais beaucoup, en Afrique, de pays démocratiques où les peuples sont libres ? Plus libres, plus heureux que sous la colonisation française ?

- Euh… je ne sais pas…

- Mais si tu le sais ! Réfléchis : s’ils étaient si malheureux sous la colonisation, pourquoi, depuis l’indépendance, et seulement depuis, cette hémorragie d'Africains ? Pourquoi sont-ils des centaines de milliers à vouloir fuir, au risque d’y laisser leur peau et en laissant aux passeurs toutes leurs économies, l’Afrique qui est un continent fabuleusement riche ?

- Parce que la France a pillé leurs richesses ?

- Ah, bon ? Les Français ont emporté avec eux les puits de pétrole, les mines de cuivre, de fer, de cobalt, de manganèse ? Les orangeraies et les vignes de la Mitidja ? Les routes, les voies ferrées, le réseau électrique, les hôpitaux, les dispensaires, les écoles, tout cela construit et entretenu par eux, avec leur argent ?

- Euh… ben… n... non, non.

- Alors comment peut-on dire que la colonisation a pillé l’Afrique puisqu’ elle lui a laissé tant de richesses ? Est-ce notre faute si à cause de responsables politiques corrompus elles ne profitent pas à leurs peuples ?

Tu préfères biaiser :
- Mais il est humiliant d’être dominé par des étrangers.

- Tout dépend des étrangers et de l’humiliation. La vérité est que l’on considère qu’il est préférable d’être asservi et maltraité par les siens plutôt que moins par des étrangers. On juge donc que ce qui est étranger est par principe détestable. Qu’en penses-tu ?

- Euh… rien. Je ne sais pas.

Tu commençais à m’agacer avec tes « euh « tes « ben » et tes « je ne sais pas».
- En fait, si, tu sais très bien, mais ça dérange ton formatage intellectuel. Je vais t’aider. Voyons : comment nomme-t-on ce sentiment de détestation de l’étranger, ce désir de n’être qu’entre soi?

- Euh… je ne sais pas…

- Arrête avec tes « je ne sais pas ». Si tu le sais ! On nous bassine assez avec ça.

- Xénophobie ?

- Tu vois bien quand tu veux ! Exactement : xénophobie. Voilà ce qui te dérange : découvrir que celle des Africains est jugée légitime, au point de justifier leurs pires atrocités, et Dieu sait à quel point certaines furent atroces, par ceux-là mêmes qui la condamnent pour le moindre mot de travers quand elle viendrait de nous, Français de souche. Tiens ! Répète, pour voir : la xénophobie des Africains est...

Tu obéis sans te faire prier comme par jeu :
- ...Jugée légitime, au point de... de justifier leurs pires atrocités...

- Par ceux-là mêmes...

- qui... qui la condamnent pour... le moindre mot de travers...

- Quand elle viendrait...

- De nous !

- Bravo !

Tu lèves les bras en signe de victoire et répètes d'une traite :
- "La xénophobie des Africains est jugée légitime, au point de justifier leurs pires atrocités, par ceux-là mêmes qui la condamnent pour le moindre mot jugé xénophobe quand il viendrait de nous, Français de souche."

- Jugé xénophobe, tu l'as dit, et, comme l’accusation de racisme, à la tête du client, ou selon l'humeur du moment, ou pour un compte à régler, et non sur des critères rigoureusement établis par la loi, ce qui permet tous les abus. Oui, tu as parfaitement compris. D'ailleurs pas plus tard que ce matin j'ai lu dans le journal qu'un préfet avait été suspendu parce que, à l'aéroport, devant le nombre stupéfiant d'employés noirs, dont certains assez peu aimables, il avait osé s'exclamer : "on se croirait en Afrique, ici !".

Tu ironises aussitôt :
- Ouaouh ! Impardonnable, dis donc ! Où va-t-on si on se met à traiter les noirs d'Africains ? Pourquoi pas les Africains de noirs tant qu'on y est !? Ou les Suédois de blancs ?

Je ne peux m'empêcher de renchérir :
- Ou les Italiens... d'italiens ! Au moins, hier, on n'allait pas jusqu'à ces extrémités : on se contentait de les traiter parfois de macaronis, moyennant quoi ils nous traitaient de mangeurs de grenouilles et l'affaire était entendue.
Ah, c'était le bon temps !

Tu te mets à rire et moi aussi.

Puis tu reprends ton sérieux pour objecter :
- Mais je ne comprends pas : si cette employée s'est vexée qu'elle et ses collègues aient été assimilés à des Africains, ça veut dire qu'elle n'aime pas les Africains. C'est elle la raciste, alors, non ?

- Dans un sens, oui. Sans aucun doute. Mais cette accusation, désormais, n'est retenue que contre nous.

- Quand tu parles des Africains toujours disculpés de leur xénophobie et de leur racisme, ça vise aussi les Arabes ?

- Bien entendu. Les arabes musulmans. Les faux, maghrébins d'Afrique du nord, comme les vrais, ceux du Moyen-Orient. Tiens ! Prends la guerre en Irak, elle illustre parfaitement cette xénophobie à géométrie variable dont je veux que tu prennes bien conscience. Tu sais que Les Américains sont intervenus en Irak pour liquider un des pires dictateurs qu'un peuple ait eu à subir.

- A d'autres, ça c'est le prétexte officiel. Le pétrole doit bien y être aussi pour quelque chose.

- Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Personne n'en sait rien. Et même quand cela serait ? Il n'empêche que les Américains ont mis tout en œuvre pour chasser ce tyran sanguinaire et qu'ils ont réussi. Quand ils sont intervenus en France pour chasser Hitler et le nazisme, ils l'ont fait autant, sinon plus, dans leur intérêt que dans le nôtre, est-ce que pour autant on les a accueillis en envahisseurs étrangers ?

- Non. En libérateurs.

- Tu vois bien. On se moquait pas mal de leurs vraies raisons. On était trop heureux pour chipoter. Or le monde arabe a voulu voir dans les Américains, non des libérateurs mais uniquement des étrangers à chasser, et les Irakiens se sont mobilisés contre eux bien plus qu'ils n'ont jamais osé le faire contre Saddam Hussein. Et nos liquidateurs de leur donner raison au point de faire croire que l'abominable boucherie de morts civils dans ce pays est due délibérément aux "envahisseurs" et non, dans son écrasante majorité, aux comptes que les Irakiens règlent entre eux. D'ailleurs, chose bizarre, les mêmes qui s'indignent de l'intervention américaine en Irak applaudissaient à celle qu'ils ont menée en Serbie, alors que les deux partaient officiellement du même principe : empêcher un homme ou une communauté de persécuter un peuple.

- C'est vrai. C'est complètement illogique !

- Sans doute, mais pas tant que ça si tu réfléchis à tout ce que je t'ai déjà expliqué. Contre qui faisaient la guerre les Américains en Serbie?

- Ben... contre les Serbes.

- Oui. Et quelle population défendaient-ils ?

- Euh... les Kosovars, je crois.

- Exact. Et est-ce que ces deux populations étaient les mêmes ?

- Euh... non.

- Et quelle était leur différence principale ?

- Les Kosovars étaient musulmans, il me semble.

- Encore exact. Et les Serbes chrétiens ou de culture chrétienne, c'est-à-dire nos semblables, nos frères. Et que sont les Irakiens ?

- Des musulmans.

- Voilà ! Tandis que les Américains, chrétiens de culture chrétienne, sont aussi nos semblables, nos cousins très proches sinon nos frères. Tu commences à piger ?

Tu réfléchis en silence, puis tu reprends la parole :
- Tu veux dire que le dénominateur commun des prises de position de nos liquidateurs, comme tu dis, est la haine de tout ce qui ressemble à notre culture, notre civilisation ?

- Exactement ! Tu as tout compris. La voilà leur logique : la haine de leur civilisation sous toutes ses formes : française, américaine ou serbe, et l'idolâtrie de son ennemi de toujours : l'islam. J'y reviendrai. D'ailleurs circonstance aggravante, les Serbes ont toujours adoré la France.

- Les pauvres ! Ils ont été bien mal payés de retour ! J'ai pourtant entendu dire que certains, très à gauche, étaient contre cette guerre en Serbie.

- Oui, mais uniquement par antiaméricanisme, Un antiaméricanisme tel que, en l'occurrence, il l'emportait sur le soutien  habituellement inconditionnel aux musulmans.

- Et toi, grand-mère ?

- Moi aussi j'étais contre mais pas par antiaméricanisme : parce que je la trouvais injuste et que je voyais dans la situation yougoslave la preuve que le "vivrensemble" avec l'islam est impossible, que cette situation était rigoureusement semblable à la nôtre du fait de la considérable immigration albanaise en Serbie, et que les Serbes avaient le droit de se défendre chez eux contre des envahisseurs étrangers soutenus par une organisation terroriste qui, à la manière typique des peuplades musulmanes, les dépossédaient d'une partie de leur pays.

- Toi, en somme, tu étais contre par anti-islamisme. Chacun son "anti".

- Non, Je crois que dans la même situation j'aurais soutenu les Serbes même contre un peuple non musulman. Et d'ailleurs, j'étais contre, aussi, la guerre en Irak.

- Pourquoi ?

- Parce que connaissant le monde arabo-musulman je savais qu'il se retournerait contre les Américains d'une part, et que, d'autre part, seule une poigne de fer peut gouverner un pays multiculturel comme l'Irak avec ses chiites, ses sunnites, ses chrétiens et ses Kurdes. Tout sanguinaire qu'il ait été, Saddam Hussein y avait réussi et les femmes ainsi que les chrétiens, ces éternels souffre douleurs du monde musulman, étaient en sécurité sous son règne. De même, tant que la Yougoslavie a été une dictature communiste, cela s'est bien passé entre musulmans et non musulmans. Ces deux dictatures mises à bas, ça été la guerre civile et le chaos.

- Pourtant beaucoup de musulmans semblent aspirer à la démocratie.

- Sans doute. Mais l'islam étant incompatible avec elle, il faudrait qu'ils se débarrassent de l'islam, ce qu'ils ne sont pas prêts de faire ni même de souhaiter. Cette religion est comme une drogue qui fait souffrir mais dont on ne peut plus se passer.

- Bon, d'accord, n'empêche que je trouve ton argumentation un peu schématique.

- Rassure-toi : je ne serai jamais aussi simpliste que nos liquidateurs ! IM-PO-SSI-BLE ! Reste qu'avec des adversaires qui ont tous les pouvoirs, à commencer par celui de la propagande, et qui vont jusqu'à nous interdire d'énoncer simplement le réel, on ne peut pas faire non plus dans la dentelle. Quoi qu'il en soit, je peux comprendre la xénophobie quand elle est nécessaire à la préservation de l’identité ethnique ou nationale, à condition qu’on ait la dignité minimum d’en assumer les conséquences, ce que ne font guère les Africains. Mais pourquoi, alors nous contester à nous, Français de souche, et à nous seuls, ce droit à nous préférer entre nous, d’autant que nous nous abandonnons à ce sentiment bien moins que les autres peuples ? D’ailleurs le grand ethnologue Lévi-Strauss, dont tu as sûrement entendu parler… si ? Non ?... Non. Je me disais aussi… (soupir)… Lévi-Strauss lui-même, donc, disait qu’une certaine dose de xénophobie et même, parfois, de racisme est nécessaire à la survie des sociétés. Ce n’est que la forme prise par l’instinct de conservation qui est la loi du vivant.

Tu ne me sembles toujours pas très convaincue :
- A t’entendre l’entreprise de colonisation aurait donc été moins xénophobe, voire moins raciste, que l’entreprise de décolonisation ? C’est un peu gros à avaler...

- Pourtant je maintiens que la logique de la décolonisation est plus franchement xénophobe, voire raciste, que celle de la colonisation, de la colonisation à la Française, en tous cas. Qu'ont mis en oeuvre la plupart des pays décolonisés ? Un nationalisme exacerbé, vaguement socialisant, avec dictature d'un parti unique et exaltation de l'"arabité", de l' "africanité", de la "négritude", et mise à l'écart ou élimination de tout corps étranger. Je ne sais pas s'il te faut un dessin mais cela rappelle assez certaine époque "nauséabonde" de l'histoire comme disent d'un mot qu'ils affectionnent nos liquidateurs, à ceci près qu'ils voient du nauséabond partout sauf là où il est vraiment. Je t'accorde que ce n'est pas du même ordre de grandeur que le modèle auquel je fais allusion, mais c'est un peu de même nature.

- Tu veux dire que... Tu n'y vas pas avec le dos de la cuiller, dis donc !

- Et après ? Nos liquidateurs se gênent, peut-être ?! Alors, encore une fois, pourquoi faudrait-il que l'on prenne des gants ? Il est parfois nécessaire d'employer les mêmes armes que l'adversaire surtout quand le rapport de force lui est si colossalement favorable. Quoi qu'il en soit, force est de constater que contrairement à la postcolonisation, la colonisation française partait d'un principe humaniste universaliste. Et puis d'abord, il y a colonisation et colonisation. On a diabolisé le principe et le phénomène. Or rien, jamais, n’est simple : s’il y a eu des colonisations désastreuses il y en a eu de globalement positives, celle de la France en particulier. Je t’ai énuméré tout ce que celle-ci a laissé à ses anciennes colonies qui lui ont coûté plus qu’elles ne lui ont rapporté. Les trente glorieuses, ça te dit quelque chose ?

- Vaguement. Ce sont les trente années de grande prospérité qu’a connues la France.

- Oui. La France n’a jamais été si riche qu’entre les années 60 et 80, à savoir sitôt débarrassée de ses colonies qui, loin de l'enrichir, avaient été ruineuses pour elle. Tous les historiens sérieux savent cela mais tu ne les entendras jamais à la télé. Comme l'a écrit l'un d'entre eux, grand spécialiste de l'Afrique, qui n'a jamais été démenti à ce jour, les colonies ont été, je cite : "un inutile fardeau et la France s’est épuisée en construisant en Afrique 50.000 kilomètres de routes bitumées, 215.000 kilomètres de pistes carrossables en toutes saisons, 18.000 kilomètres de voies ferrées, 63 ports équipés, 196 aérodromes, 2.000 dispensaires modernes, 600 maternités, 220 hôpitaux dans lesquels les soins et les médicaments sont gratuits. En 1960, 3.800.000 enfants des colonies africaines sont scolarisés et, dans la seule Afrique noire, 16.000 écoles primaires et 350 écoles secondaires (collèges ou lycées) fonctionnent. En 1960 toujours, 28.000 enseignants venus de France, soit le huitième de tout son corps enseignant, exercent sur le continent africain. Pour la seule décennie 1946-1956, le pays dépense en infrastructures, dans son empire, la somme colossale de 1.400 milliards de francs de l’époque ! A quoi il faut ajouter les dépenses toutes aussi colossales pour la prospection du pétrole et les installations indispensables à son extraction, pétrole dont je te rappelle que nous n'avons pas profité puisque l'Algérie a obtenu son indépendance à peine avions-nous fini de faire le nécessaire.

- Ben, chapeau ! Tu as une sacrée mémoire pour ton âge !

- Parce que je suis de la génération où l'on apprenait des kilomètres de texte par cœur. Aujourd'hui, plus de par cœur. Résultat : vous serez des vieillards amnésiques à cinquante ans ; ça tombe bien : c'est ce que veulent nos liquidateurs. Ceci dit il faut insister aussi sur un point capital qu’on passe, bien sûr, sous silence, à commencer par tes professeurs : la plupart des conquêtes dans le monde se sont soldées par la diminution des populations conquises. Tu sais ce qui est arrivé aux Indiens d’Amérique ?

- Oui, Ils ont été quasiment exterminés.

- Et les États-Unis qui nous donnent volontiers des leçons de tolérance multiculturelle ont construit leur nation sur cette quasi extermination des Indiens. Les Australiens n’ont pas fait mieux avec les Aborigènes ; les Musulmans ont fait disparaître les Bouddhistes du nord de l’Inde, les Hindous de Vijayanagar et les Chrétiens du Moyen-Orient ; les peuples des Caraïbes se sont exterminés entre eux ainsi que les Amérindiens avant même la conquête espagnole, seules les populations des colonies françaises ont, malgré les guerres, considérablement augmenté pendant la période coloniale, en particulier en Algérie qui a vu sa population multipliée par huit ! L’explication ? Les soins médicaux prodigués sans compter aux populations africaines par des Français au dévouement de Samaritains, l’éradication des maladies mortelles telles que la maladie du sommeil ainsi que la lutte contre les invasions de sauterelles et de criquets qui ravageaient régulièrement les récoltes, provoquant de terribles famines. Et tu sais à quel moment les Algériens ont été le mieux soignés ?

- Ne me dis pas que c'est pendant la guerre d'Algérie !

- Eh bien si, figure-toi ! L’armée, en même temps qu’elle faisait la guerre aux FLN, ouvrait partout des dispensaires où les populations étaient soignées par des médecins et des infirmiers, militaires de carrière ou faisant leur service en Algérie, qui se dépensaient sans compter et à qui la France prodiguaient tout ce qu'il y avait de meilleur dans le domaine médical. Et c’était pareil dans les hôpitaux. Jamais il n’y eut autant de médecins et d’infirmiers, tous plus acharnés à leur travail les uns que les autres, que pendant cette période, ni autant de médicaments et de matériel perfectionné à leur disposition. Je sais tout ça parce que ton grand-père, pendant la guerre d’indépendance, était intendant d’un grand hôpital d’Algérie occupé à 99% par des Algériens, et qu'il lui revenait aussi de fournir plus de trente cinq secteurs de la région environnante où l'armée soignait (et instruisait) les populations, en tout ce que les médecins militaires estimaient nécessaires pour accomplir leur mission. Et c'était pareil à travers tout le pays. Les Algériens ont été sans doute, à cette époque, le peuple le mieux soigné au monde. Et je n’hésite pas à formuler l’hypothèse que ces soins ont dû sauver, en huit années, presque autant de vies que la guerre n’en n’a supprimé.

- Tout le monde peut faire des hypothèses, n'importe lesquelles.

- Eh bien que les historiens vérifient la mienne. Chiche ! Ou au moins qu'ils parlent de ce gigantesque effort sanitaire de la France en direction des Algériens. Et n’oublions pas la « pax gallica », la paix française, qui valait l’antique « pax romana », paix romaine, puisqu’elle a permis aux populations indigènes de vivre sans s’entretuer. Et l'ab...

- bolition de l’esclavage ! Oui, je sais. On dirait le sketch du raton laveur.

- Ce n’est pas un sketch mais un poème de Prévert, poète assez médiocre au demeurant mais très prisé par l’Éducation nationale et que, donc, tu dois connaître. L’abolition de l’esclavage, parfaitement, pratique qui existait partout depuis la nuit des temps. Excusez du peu. Au reste, j’ai vu, de mes yeux vus, l’ébahissement admiratif des coopérants étrangers, gavés de propagande anti française ou anti-capitaliste, quand ils ont débarqué en Algérie au début de l’indépendance. Ils n’en revenaient pas de découvrir le pays que les Français venaient d’abandonner. Les coopérants de l’Est n’ont pas été longs à avouer qu’ils auraient préféré un bon colonialisme à la française plutôt que le fraternalisme à la russe qu’ils subissaient.

- Mais, quand même, les colons et les colonisateurs n’avaient que du mépris pour les populations colonisées. Ils les considéraient comme inférieures.

- Détrompe-toi. S’il y avait parmi les colonisateurs des racistes purs et durs comme partout, l’entreprise coloniale française n’a pas été foncièrement raciste. Elle a plutôt été comme la mise en pratique d’une sorte de devoir d’ingérence humanitaire à la mode de l’époque, c’est-à-dire, par rapport à aujourd’hui où l’on voit que l’ingérence sans un minimum de colonisation ne règle strictement rien, l’efficacité en plus et l’hypocrisie en moins. Les colonisateurs estimaient en général que les peuples d’Afrique étaient moins civilisés que l’Europe, non par infériorité raciale (d’ailleurs on employait à l’époque le mot race à tort et à travers, souvent sans lui donner le même sens qu’aujourd’hui) mais par malchance. Il était donc, en quelque sorte de notre devoir, à nous, Européens, de venir en aide à ces peuples défavorisés par l’histoire, en leur apportant les bienfaits de notre civilisation. Et c’est pour une bonne part dans cet esprit que s’est faite la colonisation française et non par racisme, c’est pourquoi, comme tu l’as vu, elle a été indubitablement positive. Tu chercherais, d’ailleurs, en vain, la moindre trace de propos injurieux ou simplement  méprisants à l’encontre des Africains, que ce soit dans les discours officiels, dans les manuels scolaires, ou chez les artistes de cette époque. Tout juste un ton un peu paternaliste.

- La pub « Ya bon Banania » ?

- Par exemple. Comme toujours on a monté en épingle des phénomènes insignifiants telle que cette publicité que l’on a jugé méprisante et, pourtant, le noir y est représenté comme un sympathique bon vivant, image autrement plus positive que celle que nous donnent d’eux-mêmes les noirs d’aujourd’hui, récriminateurs quémandant violemment le maternage de la France, tels d’éternels handicapés. Nul rapeur à l’époque pour injurier les Africains comme ces derniers, aujourd’hui, nous injurient.

- Et l’expo colonial, alors, qui exposait des noirs comme des animaux du zoo ?

- Inexcusable, certes, mais initiative sans lendemain, jamais renouvelée. En Algérie, par exemple, les Algériens étaient généralement ouvriers agricoles. Sans doute n’étaient-ils pas spécialement bien traités. Mais ce n’était pas par racisme. On oublie volontairement de préciser que les ouvriers agricoles français, en France, jusque dans les années 60, n’étaient guère mieux traités. On oublie de préciser aussi que les Algériens ont échappé à l’horrible sort des ouvriers d’usine européens au début du XXème siècle. On oublie encore de dire que les travailleurs agricoles arabes étaient bien mieux traités par les colons français que par leurs congénères.

- Leurs congénères ? Mais les Français s’étaient appropriés à peu près toutes les terres, non ?

- Là encore, détrompe-toi ! On se garde de faire savoir que la plupart des grands propriétaires terriens étaient algériens et non européens, sauf dans la Mitidja. La raison en est que ce sont exclusivement des Européens qui par leur labeur et en y mourant comme des mouches, ont rendu cette plaine inhabitée merveilleusement fertile, alors qu’elle n’était qu’un immense marécage insalubre, infesté de moustiques, avant leur arrivée. Or, je le répète, c’était un lieu commun connu de tout le monde à l’époque, que les Arabes préféraient mille fois travailler chez des Français que chez d’autres Arabes, tant ils étaient certains d’être mieux traités par les premiers que par les seconds. Quant à ceux qui travaillaient dans la fonction publique, ils touchaient le… tiers colonial, comme les fonctionnaire français ! De plus, les Français d’Algérie n’ont jamais pratiqué l’apartheid : Français et Algériens se côtoyaient dans la rue, dans les cafés, se fréquentaient sur les bancs de l’école et, à condition sociale égale, dans leur vie privée. Le seul frein n’était pas le racisme, mais le désir des Arabes de ne pas montrer leurs femmes, ce qui rend les rapports entre couples presque impossibles. Nul Klu-klux-klan, non plus pour faire régner la terreur chez les indigènes. C’est Bouteflika lui-même, dans un discours important relativement récent, qui a rappelé que les Algériens et les Pieds-noirs avaient toujours eu des rapports plutôt amicaux. On a reproché aux colonisateurs français, faute de trouver pire, leur paternalisme. Mais en quoi le paternalisme colonial globalement plutôt civilisateur d’hier serait-il pire, bien pire, à entendre ses contempteurs, que le fraternalisme destructeur de la post-colonisation ?

- Cons tenteurs ? Cons tentateurs, tu veux dire ?

Je répons imperturbable :
- Bien sûr, ceux qui font les con(s)tentés.

Tu hausses un sourcil méfiant autant qu’interrogateur.

Je reprends mon sérieux :
- Ni l’un ni l’autre, chère petite ignorante. Contempteurs, ceux qui condamnent sévèrement !

- Autrement dit qui stig-ma-tisent ?

- Exactement ! Tu vois, au moins tu auras fait des progrès en vocabulaire ! Au fond, je ne vois pas de différence fondamentale entre l’entreprise coloniale, honnie, et l’entreprise révolutionnaire encore approuvée par la gauche. Dans l’un et l’autre cas, il s’agit pour une catégorie de personnes de faire, par tous les moyens, le bonheur, malgré elle, d’une autre catégorie. Il y a cependant une différence entre les deux : l’entreprise coloniale française a été plus globalement positive que l’entreprise révolutionnaire russe ou chinoise.

Je ne te laisse pas le temps de m’opposer une objection que d’ailleurs, tu n’aurais sans doute pas trouvée :
- Allez ! à demain...