Patrice GRIHAULT-FRANCISQUE,

Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité, Justice...Citoyen relève la tête, ouvre les yeux!

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1ère partie - Chapitre 1
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1ère partie - Chapitre 5
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2ème partie - Chapitre 10
2ème partie - Chapitre 11
Conclusion
Chapitre III

Où l'on parle de race et de culture et, encore, des incohérences de l'antiracisme...


Le lendemain tu me sautes dessus et me rappelles à brûle-pourpoint :
- Mais, quand même, l’armée française a torturé un max en Algérie.

- J’attendais que tu me sortes ce grand classique de la propagande anti-française.

- C’est vrai ou pas ?

- Un « max », je ne sais pas. Enfin, disons que oui, c’est vrai. Mais as-tu jamais entendu parler des horreurs commises par les Algériens eux-mêmes?

- Non.

- Bien entendu ! Dis-toi bien qu’à côté de l’horreur absolue qu’ont représenté les atrocités inouïes des Algériens en guerre contre nous, la torture « à la française » n’a été qu’une horreur relative à laquelle l’armée a été contrainte sous peine de ne pas pouvoir assurer sa mission principale, de trahir sa raison d'être : la protection des populations civiles.

- Pourquoi ?

- Parce que c’était une course contre la montre. Tous les jours les terroristes posaient à Alger des bombes qui faisaient des dizaines de morts et de mutilés à vie dans les populations civiles, y compris musulmanes. Il fallait débusquer à temps celui qui allait poser la prochaine et pour ça il fallait faire parler les suspects. Tu sais combien le terrorisme algérien a provoqué de morts dans la population civile française d’Algérie ?

- Non.

- Sans compter, à la déclaration d'indépendance, les assassinats d'Oran : plus de dix mille, disons en quatre ans.

- Oui, mais nous, nous avons tué un million d’Algériens.

- Faux. Propagande. Les derniers chiffres donnés par les meilleurs historiens dont un Algérien, donnent au maximum 250 mille, combattants à l’écrasante majorité, et dont une grande partie tuée par les Algériens eux-mêmes. Les dix mille morts français n’ont été, eux, que des civils, soit un civil sur cent tué par terrorisme puisque la population « pied-noir » se montait à un million de personnes, ce qui ferait, rapporté à la population française d’aujourd’hui, 600 mille civils tués en quatre ans ! Et je ne parle pas des milliers de disparus ni des mutilés à vie.

Tu sembles, cette fois, médusée par le nombre donné.
- Alors, ai-je repris, qu’aurait dû faire l’armée ? Se croiser les bras et laisser sous ses yeux massacrer des civils innocents ?

- Non, bien sûr.

- Noyer la kasbah, repaire des terroristes, sous les bombes ? C'était possible : il n'y vivait pas d'Européens.

- Non plus !

- Tu as raison. Et, justement, nous n'avons pas eu ce cynisme criminel. Alors qu’est-ce qu’il restait ?

- Je ne sais pas, moi !

- Tu vois, tu fais comme tout le monde : tu te défiles. Mais quand tu es responsable de la vie de tes compatriotes et que tu vas vu, de tes yeux vu, des boucheries quasi quotidiennes de femmes et d’enfants déchiquetés par les bombes, la mise à la question des suspects apparaît comme un moindre mal. Ce n’est pas par sadisme, par gaieté de cœur que les militaires se sont ralliés à cette solution.

- Ouais… dis tout de suite que c’est par humanité.

J’ignore ton sarcasme.
- La guerre, ma chère petite, n’est pas une compétition sportive. Il est rare qu’elle soit humaine. Toutefois, contrairement au terrorisme, la pratique de la question par l’armée française laissait, en général (il y a toujours des exceptions) la vie sauve et le corps indemne, sans mutilations irréversibles. Ce n’était pas la torture à la nazie, à la chilienne, à l’argentine ou à l’iranienne. D’ailleurs tu sais à quel point depuis son indépendance, l’Algérie ne nous fait pas de cadeau. Or jamais ni elle, ni aucune association d’Algériens, n’ont cherché à poursuivre la France et ses officiers pour crimes de guerre ou crimes contre l’humanité bien qu'ils soient imprescriptibles. Et pourtant, Dieu sait qu'une grande partie de nos élites n'auraient pas mieux demandé, qu'elles n'attendaient que ça, toutes prêtes à appuyer ce genre de poursuite et même à en prendre l'initiative.

- Pourquoi, alors, l'Algérie s'est-elle abstenue ?

- Parce qu'un procès contre la France aurait amené la défense à mettre en lumières les mensonges des Algériens et les horreurs bien pires que les nôtres qu'ils ont commises, en particulier sur leur propre population, et que, contrairement à nous, ils entendent cacher à perpète.

- Si ! J'ai entendu qu'elle voulait le faire, ce procès.

- Penses-tu ! Gesticulation d'un pouvoir destinée à faire oublier qu'il a ruiné son pays, et qui sera, tu verras, sans lendemain.

Tu restes un moment sans rien dire et puis ta curiosité gore reprend le dessus :
- Quels genres d’horreurs ?

- Outre le terrorisme "ordinaire", des yeux crevés, des oreilles et des nez coupés, des femmes éventrées vivantes, les seins tranchés, les enfants arrachés de leurs entrailles, d’autres écrabouillés ou taillés en pièces, les hommes émasculés, dépecés vivants, et j’en passe (je te vois grimacer d'horreur). Et ne me dis pas, comme voudrait le faire croire la propagande, que ces bouchers sadiques étaient comme les résistants français contre les Allemands. La Résistance française ne s’en est jamais prise aux civiles, femmes et enfants, n’a jamais commis ce genre d’atrocités. Et je ne comprends pas, mais alors pas du tout, que les résistants français survivants tolèrent cette comparaison. Tu ne me crois pas ?

- Si, si, mais…

- Oui, je sais. Je vois bien que tu ne peux t’empêcher de penser que je vais trop loin. Tu voudrais d’autres preuves que mes propos. Et tu as raison. Mais ces preuves indiscutables existent. Elles sont parfaitement connaissables et nombreux sont les historiens qui s’en servent pour dire la vérité. La stratégie est de ne pas leur donner la parole, de ne pas les faire connaître du grand public. C’est aussi simple que ça. D’ailleurs ils n’ont jamais été contredits. Je t’en ferai lire quelques uns.

Tu sembles rassérénée par cette promesse sans pour autant me tenir quitte :
- Tu ne peux pas justifier le massacre d'octobre 61 !

- Je ne le justifie pas, bien entendu, mais j'affirme que rien, jamais, n'est clairement dit des circonstances de ce "massacre" qui sans l'excuser, en changent considérablement l'éclairage. Premièrement nous étions en guerre avec un ennemi déclaré qui se permettait en territoire français de lancer le mot d'ordre d’une manifestation, et qui a obligé, sous la menace de représailles, les Algériens de France à passer outre à la décision du gouvernement français d'interdire cette manifestation. Avoue que c'était le monde à l'envers ! Deuxièmement, aux dires des liquidateurs de la France, ce massacre, qu'ils commémorent chaque année religieusement, aurait fait 300 morts algériens. Ce nombre apparaît comme totalement fantaisiste. Il ne semble corroboré par aucune source sûre. Bientôt, tu verras, on nous parlera de génocide ! Le seul nombre fiable à ce jour est celui donné par la justice à l'occasion du procès en diffamation intenté par Maurice Papon qui était préfet de police à l'époque. Il est de… 33 morts.

- Alors Papon a gagné son procès ?

- Non il l’a quand même perdu, parce que la justice a estimé que 33 personnes assassinées constituait bien un massacre.

- Ah, tu vois.

- Oui. N’empêche qu’on a laissé se répandre le nombre de 300 et qu’on passe sous silence celui de 33. Troisièmement, qu'il y ait eu un désir de vengeance de la part de certains policiers, c'est probable et compréhensible même si ce n'est pas excusable.

- Pourquoi voulaient-il se venger?

- Parce que en quelques mois le FLN, avait assassiné sur le sol français plus de 50 paisibles policiers en faction et gardiens de la paix. De plus, ce même FLN assassinait aussi, en France, ses opposants algériens et ceux qui ne crachaient pas au bassinet de son racket. Qu'il ait profité de la manifestation pour régler des comptes est une hypothèse plus que plausible. Bref, là aussi, au pire on nous ment, au mieux on nous désinforme.

Tu parais vouloir m'objecter quelque chose, puis te ravises.

Je pense t'avoir ébranlée et je reprends le fil de la discussion :
- Tiens, prends les juifs par exemple. Ils sont devenus à force de persécutions subies pendant des siècles l’emblème absolu de la victime, mais il a suffi qu’ils aient un pays à eux pour que, à leur tour, ils se montrent violents à l‘encontre d’un autre peuple, les Palestiniens, chaque fois qu’il leur semble, à tort ou à raison, que la violence garantit la survie de leur pays.

- Maintenant que j’y pense : c’est vrai ce que tu as dit à propos des Arabes : on suppose vaguement que même si on le pouvait, ce serait mal de vouloir réagir, comme si on méritait, en effet, de se faire agresser par eux. On aurait plutôt tendance à leur faire un surcroît de lèche. J’ai un copain, Bernard Felonat, qui les défend tout le temps, quoi qu’ils fassent, même quand ils prennent comme souffre-douleur Martin Durand, haut comme trois pommes, sans le sou, et qui n’a que sa mère pour veiller sur lui, mais elle n’en a pas le temps.

- Classique : faute d’avoir le courage de les contrer ou de s’avouer sa lâcheté on préfère se persuader qu’ils ont raison. Et puis, vous êtes, comme on dit, inhibés.

- Inhibés ?

- Oui, inhibés par un sentiment de culpabilité qui n’a aucune raison d’être pour la raison, entre dix autres, que je t’ai donnée, mais aussi parce que votre génération ne connaît plus ni colonisateurs ni colonisés depuis un demi siècle, ni esclaves ni esclavagistes depuis un siècle et demi et que, par conséquent, il ne peut plus y avoir de coupables, à supposer que les coupables d’hier l’aient été tant que ça. Il n'y a qu'en Europe et surtout en France que sévit cette situation ubuesque : des gens passant leur temps à s’excuser de choses, la colonisation, l'esclavage, dont ils ne sont pas responsables auprès de gens qui ne les ont pas subies. D'ailleurs ...

Tu m'arrêtes :
- Répète ce que tu viens de dire ..

Je m'exécute :
- Il n'y a qu'en Europe et surtout en France que sévit cette situation ubuesque : des gens passant leur temps à s’excuser de choses, la colonisation, l'esclavage, dont ils ne sont pas responsables auprès de gens qui ne les ont pas subies.

- Tiens ! C'est vrai ça! Pourquoi faudrait-il que je m'excuse auprès de mes copains Kamel, Moussa ou Selim : je ne les ai jamais ni « esclavagisés » ni colonisés, ni eux ni personne, et eux n'ont jamais connu ni l'esclavage ni la colonisation, pas plus que leurs parents, vu qu'ils doivent avoir dans les trente cinq ans, quarante ans.

- Et que la colonisation a cessé depuis bientôt un demi siècle. Et c'est encore plus vrai pour l'esclavage qui a cessé, lui, depuis près d'un siècle et demi ! D’ailleurs, ai-je repris, les Indiens et les Asiatiques qui ont été autant colonisés que les « Arabes » n’ont pas du tout le même comportement. Ils ont tourné la page et s’efforcent de s’en sortir sans jouer les éternelles victimes. Nous aussi, Français, nous avons beaucoup souffert des Allemands : trois guerres abominables en 75 ans, avec des millions de morts et la France détruite. Nous avons pourtant tourné la page dès les années 60, c’est-à-dire quinze ans à peine après la dernière guerre. Et ne parlons même pas du Japon qui est depuis longtemps réconcilié avec le Américains qui lui ont balancé deux bombes atomiques.

- Tu sais, en y réfléchissant, je crois qu’on nous le dit, pour les Arabes, mais sans insister, sans jamais employer les mots » conquête » ou « colonisation » et comme si venant d’eux ce n’était pas un crime, au contraire. On nous montre même la civilisation arabe au Moyen-âge, comme bien supérieure à l’européenne, n’apportant que bienfaits, par exemple, à l’Espagne conquise.

- Oui. Et j’imagine que concernant l’Algérie conquise et colonisée par la France, on t’en a dégoisé le plus grand mal alors que, mutatis mutandis, comme on disait en latin, les deux phénomènes à huit siècles de distance l’un de l’autre sont exactement interchangeables : l’Algérie française a été à l’Algérie musulmane ce que l’Espagne musulmane a été à l’Espagne chrétienne.

- Oui, tiens, c’est vrai aussi ! Et tu répètes comme si tu savourais la phrase : " l’Algérie française a été à l’Algérie musulmane ce que l’Espagne musulmane a été à l’Espagne chrétienne". Je n'avais jamais fait le rapprochement !

- Difficile de le voir par toi-même. Tout est fait pour nous empêcher d'en prendre conscience. Les coupables sont tes professeurs. En tous cas, tu vois, les voilà de nouveau surpris, et l’idéologie antiraciste avec, en flagrant délit d’incohérence, et grave pour le coup. D’un côté on te serine que toutes les cultures et les civilisations se valent, que c’est « raciste » d’affirmer que la nôtre était supérieure à celle de l’Algérie, et d’un autre côté on t’affirme que l’Espagne musulmane a constitué un grand progrès sur l’Espagne chrétienne parce que la civilisation arabo-musulmane de l’époque était très supérieure à celle de l’Europe occidentale ! Encore heureux qu’ils ne regrettent pas que la France ne soit pas devenue terre musulmane en 732 ! Parce que j’aime autant te dire que pas un de ces menteurs ne souhaiterait vivre dans un pays arabo-musulman ! Quand des contradictions aussi criantes, si criantes qu’un enfant de dix ans pourrait les constater de lui-même, ne sont pas soulignées, c’est qu’on te ment en connaissance de cause et si on ment ainsi, c’est que l’on poursuit un but inavouable. Toutes ces incohérences font partie de ce qu’on appelle « le politiquement correct ». J’y reviendrai.

- Donc, on peut dire que certaines cultures ou civilisations sont supérieures à d’autres.

- Certainement. La preuve : tes professeurs, encore une fois, ne se gênent pas pour t’apprendre que la civilisation arabo-islamique était bien supérieure à celle de l’Europe occidentale au Moyen-âge ; c'est discutable mais ce n’est pas du racisme puisqu’une culture n’a rien à voir avec une race, pas plus qu’une idéologie ou une religion. De la même façon, la civilisation occidentale, à laquelle appartient la France, est encore aujourd’hui la civilisation supérieure, même si c’est défendu par le "politiquement correct" de le dire : ses fautes et ses crimes, bien réels, sont identiques à ceux de toutes les autres civilisations, mais certaines de ses plus grandes qualités n’appartiennent qu’à elle, à commencer par son aptitude à l’autocritique qui lui a valu sa supériorité, mais qui par son excès est, malheureusement, en train, aujourd’hui, de l’affaiblir dangereusement. Cela ne veut pas dire que notre civilisation a vocation à être de toute éternité une civilisation supérieure aux autres. Elle ne l’a pas toujours été et il est probable que dans l’avenir elle sera supplantée dans le domaine de l’excellence. En attendant, c’est elle qui est toujours au top. Elle l’a payé assez cher. A propos tu connais la fable de La Fontaine : « Les animaux malades de la peste » ?

- Vaguement. Il y a une histoire d'âne là-dedans.

- Oui. Pour que les dieux fassent cesser la peste qui les décime, les animaux décident de faire leur examen de conscience. Le lion s’accuse de tous les animaux qu’il a dévorés. Mais, comme il est redoutable, tous les autres s’empressent de minimiser ses crimes. Vient le tour de l’âne qui s’accuse d’avoir tondu, de la longueur de la langue, un pré. Aussitôt, comme il est inoffensif, tous les animaux lui tombent dessus en l’accusant d’être, lui, le coupable. Aujourd’hui, l’âne de la fable c’est nous. Nous avons perdu toute velléité de répondre aux offenses qui nous sont faites. On nous a conditionnés à ne plus y réagir. A l'inverse, personne ne demandera des comptes aux pays arabo-musulmans. On minimise ou on passe sous silence, eux les premiers, les crimes qu’ils ont commis dans leur histoire et qu’ils commettent encore. Nous sommes perçus comme des lopettes. Riches mais faibles et, du coup, on espère de notre culpabilité des réparations.

Tu hoches la tête pour signifier que tu as compris, mais tu es comme le petit prince, tu ne renonces jamais à une question :
- Qu’est –ce que ça veut dire « inhibés » ?

- Cela veut dire que l’on s’interdit inconsciemment de réagir à un désagrément, une offense, ou une agression. Tiens, tu te rappelles ce jeune étudiant « de souche » sauvagement agressé par un groupe vraisemblablement d’Arabes dans le bus dit le Noctilien, et qui, loin d’en vouloir à ses agresseurs, n’a eu de cesse que de leur trouver des excuses. Pour un peu, on se serait attendu à ce que ce fût lui qui se décrétât coupable d’avoir été agressé. Cela eût prêté à rire, on imagine assez un humoriste s’inspirant mot à mot du discours de ce jeune homme pour en faire un gag, si ce n’était si tragique. Peut-être a-t-il eu peur des représailles, règle mafieuse en vigueur dans ces bandes ethniques d’origine africaine. A moins que ce jeune homme n’ait vu, en fin de comptes, dans sa mésaventure, l’occasion de tendre chrétiennement l’autre joue pour mériter sa médaille d’antiracisme, laquelle lui vaudra un grand prestige dans ce bastion du politiquement correct qu’est Sciences-po où il poursuit ses études. Mais peut-être qu’il était simplement « inhibé » par ce conditionnement désolant dont je t’ai parlé.

Tu t‘obstines :
- En tous cas, à moi, on m’a appris que toutes les cultures se valaient, qu’aucune ne détenait la Vérité vraie.

- Dans l’absolu, oui, peut-être, dans l’abstrait, comme on dit que tous les individus naissent libres et égaux. Il n’empêche que par rapport au vécu, un individu lâche et égoïste n’est pas à mettre à égalité avec un individu courageux et compatissant, ni un as de l’astrophysique avec quelqu’un incapable de comprendre une règle de trois. C’est pareil pour les cultures. D’ailleurs si toutes les cultures se valent, et si la Vérité absolue n’existe pas, alors il ne faut pas prendre comme vérité absolue le fait que… la vérité absolue n’existerait pas, ni l’assertion que toutes les civilisations se valent. Les partisans du relativisme culturel devraient commencer par appliquer leur logique à leur idéologie, au lieu d’imposer cette dernière comme si c’était une vérité… absolue.

Tu sembles pressée de revenir à des spéculations moins paradoxales.
- Mais si on ne peut généraliser racialement est-ce que l’on peut généraliser culturellement ?

- Dans une certaine mesure, oui.

- Mais pourquoi serait-ce acceptable dans le cas des cultures ? Pourquoi le racisme, non, mais le « culturalisme » oui ? Je ne vois guère de différences entre les deux, finalement.

- Détrompe-toi : la différence est énorme. Le racisme affirme que les comportements, les dispositions d’esprit communes qui caractérisent un groupe humain, qui forment, comme on dit, son « identité » sont dues à des gènes présents dans tous les membres de ce groupe et qui se transmettent inchangés, dès la naissance, de générations en générations. Le «culturalisme » comme tu dis, affirme qu’ils sont dus à la culture de ce groupe, en particulier à ses croyances religieuses et idéologiques.

- Je ne vois pas très bien ce que ça change…

- Tout, ça change tout ! Prends l’agressivité, par exemple, qui caractérise certains groupes humains. Si elle est raciale, génétique, rien, jamais, ne pourra la modifier, ni la volonté ni l’éducation, pas plus que tu ne pourrais changer tes yeux bleus en noirs, ou ton mètre soixante-dix en mètre quatre-vingts, quels que soient ta gymnastique ou ton régime. En revanche si cette agressivité est culturelle, la volonté, l’éducation peut arriver à la changer. La culture elle-même d’un groupe humain peut changer rapidement sous la pression des circonstances ; la race, hormis des mutation improbables, jamais, ou alors tellement lentement que ça revient au même. Autrement dit tu peux améliorer, faire progresser une culture et les personnes qui s’en réclament , une race et les personnes qui en relèvent, jamais. Si agressivité il y a, agressifs sont tous les membres de la race en question, et agressifs ils resteront pour toujours. Ils n’ont pas le choix. C’est sans remède. Cette race peut alors apparaître comme nuisible. Au contraire, si l’agressivité est due à la culture, il suffit alors que les individus baignent dans une autre, reçoivent une éducation différente ou décident de leur propre chef de se libérer de l’agressivité provenant de leur culture d’origine pour s’en guérir. De mon temps l'école de la République permettait aux individus de s'émanciper à leur gré des carcans culturels identitaires. Aujourd'hui, hélas, elle fait le contraire. Ceci dit, cela n’empêche pas l’agressivité d’exister, à l'état d'exception et non pas de règle, chez certains individus, dans tout groupe humain quel qu'il soit.

- Comme chez le voisin du troisième.

Je ris :
- Exactement. Un Français bien de chez nous, celui-là.

- Oui… En somme, si je dis que l’agressivité des Arabes est génétique, je suis coupable de racisme mais si je dis qu’elle est culturelle, je ne le suis pas. Je ne vois toujours pas, concrètement, la différence.

- Sur le plan des principes, la différence est fondamentale puisque la première proposition est radicalement fausse, tandis que la deuxième est discutable au sens premier du terme, à savoir qu’elle « se discute », c’est-à-dire qu’elle peut être vraie.

Tu avais l’air un peu perdue et tu as prétexté un coup de fil à une copine pour souffler un peu.

- Bon, ai-je dit, je crois que ça suffira pour aujourd’hui. On en reparlera demain...